Pauline Gomy

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La grâce du coup de pied au cul

Une dame blonde qui écoutait ma soutenance de fin de formation « jeune prof » a trouvé qu’on ne parlait pas assez pédagogie. Parce que, c’est vrai, j’avais centré ma présentation sur la création d’une formation continue certifiante et pas sur une séquence de cours. Après, si la conception d’une formation n’a aucune influence sur la pédagogie de ladite formation, j’ai rien compris au schmilblick. Mais revenons à nos moutons. Exigeance ou maternage ? Chaudoudou ou lattage en règle ? Carotte ou bâton ?

C’est toujours plus facile à dire qu’à faire. Trop sec, jamais content, tu décourages vite les bonnes intentions suscite l’opposition systématique. Démagogue, à dire toujours « c’est trop bien mes chéris », tu en rends pas service dans le futur monde cruel du travail qui est le nôtre. Il ne manquerait plus que les étudiants des Gobelins aient la grosse tête ! Donc, si on veut encourager sans berner, il nous faut trajecter. Plein d’encouragements mais un jury pas trop sympa ! Des profs au grand cœur mais à la main de fer ! Des deadlines serrées pour des vrais challenges ! Des bonnes notes mais pas pour tout le monde !

Après quelques années de réglage du curseur, j’ai adopté une attitude beaucoup plus cool qu’à mes débuts, parce que c’est une question de survie, mais ça n’empêche pas de sortir les sourcils froncés dans les cas où ils permettent d’obtenir une solution plus rapidement, pour le bien des étudiants.

  • les atermoiements sur le projet professionnel : on n’est pas des psys, si tu es perdu, tu dois passer à l’action, rencontrer des pros, chercher du freelance. Ne jamais céder à la tentation du maternage pour ce cas-là, l’étudiant doit se réapproprier son projet.
  • les mésententes de groupe : un violent rappel du contexte et des règles du jeu pour contrer la désintégration. Comme le groupe subit déjà une violence due à leur propre mésentente, ça prend vite des proportions énormes. Mais il y a toujours des solutions, une fois qu’on a neutralisé celui ou celle qui bloque. Non pas pour que tout le monde s’entende, mais pour que tout le monde aille au bout de son apprentissage.
  • les branleurs : parfois difficiles à détecter ! Ceux qui assument leurs retards et dilettantisme, ça se voit, et très vite, ils sont remisés aux strapontins des travaux de groupe. Ceux qui font semblant de travailler et dont le groupe se rend compte à la fin qu’ils n’ont rien produit, c’est plus délicat. J’ai encore des progrès à faire parce que quoi que je réussisse en formation, ils se font repérer en entreprise après. Ils ont une force d’inertie incroyable.
  • le non-respect d’un camarade ou d’un professeur. Mais pour ça, en général on sort le marteau à trois étages hiérarchiques.

Je suis par ailleurs des formations moi-même, ce que tout prof doit faire, et cette année j’ai pu apprendre d’un pédagogue qui manipule parfaitement l’équilibre entre les chaleureux encouragements et le nécessaire resserrage de boulon. Quelle énergie il déploie ! Comme il manipule l’anecdote autant que le concept ! Comme ses méthodes produisent des résultats rapides ! Et pourtant, il a moins obtenu de moi qu’un autre qui m’a encouragée sincèrement, juste une fois, au bout d’un an et demi. Parce que c’était incroyable de vérité.

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Cette entrée a été publiée le 10 mars 2017 par dans Réflexions.

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